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La cartographie participative, un outil déterminant dans la foresterie communautaire

Les pays du Bassin du Congo sont en phase des reformes politiques, stratégiques et législatives susceptibles de créer des opportunités pour reconnaître les droits fonciers et les droits d'utilisation des ressources forestières par les communautés locales et peuples autochtones.



En RDC, la Foresterie Communautaire est l’un des processus qui s’inscrit dans la réforme foncière et forestière regroupant des pratiques, techniques et méthodes d'utilisation des forêts et de ses ressources naturelles. Pour apporter plus de sécurité juridique aux espaces des communautés, le processus de Foresterie Communautaire s’appuie sur la cartographie participative qui est un outil permettant de sécuriser les droits fonciers et les droits coutumiers des communautés locales et peuples autochtones avec une précision de limites des espaces.

Au sens large, elle permet aussi la production des cartes par les populations locales, souvent avec l’accompagnement des structures d’appui. Il s’agit donc des gouvernements, des organisations non gouvernementales (ONG), des universités et d’autres acteurs engagés dans le développement et la planification de l’accès aux terres et aux ressources.



Pour Théophile Gata, Directeur Exécutif du Centre d’Appui à la Gestion Durable des Forêts Tropicales (CAGDFT) la cartographie participative est un outil très important permettant de visualiser les différents éléments d’une forêt sur une carte, par exemple, les cours d’eau, les sentiers, les champs, les zones de chasse, de pêche, les savanes, etc. Elle est également un outil de prévention des conflits et d’éclaircissement des limites des espaces utilises par plusieurs communautés.

« La cartographie permet de voir sur une carte les usages que font les communautés. En tant qu’outil, elle sert à beaucoup d’autres choses telle que la résolution des conflits car elle donne la possibilité de faire participer tous les acteurs qui utilisent l’espace, que ce soit les allochtones ou les autochtones. Comme l’utilisation des espaces est permise aux allochtones et aux autochtones, la cartographie participative prévoit d’inclure les communautés voisines dans la production de la carte participative d’une communauté demanderesse d’une CFCL parce que l’utilisation peut être sujette à des conflits. C’est donc un outil de prévention des conflits. La participation des communautés voisines permet que la délimitation des espaces soit approuvée par toutes les parties pour éviter toute forme de contestation qui pourrait empêcher l’octroi d’une CFCL a une communauté. »




Rappelons que la Foresterie Communautaire en soi, vise à garantir aux communautés locales des espaces juridiquement sécurisés. Elle renforce la possession coutumière des forêts en reconnaissant formellement les formes coutumières d’occupation, d’utilisation et de gestion des terres. Ce processus est réglementé par des textes juridiques précis, prévoyant la participation des communautés locales dans toutes les phases de sa mise en œuvre.

Il sied de signaler que, la cartographie participative permet également la gestion rationnelle des ressources. Une fois les usages sont connus dans chaque zone, cela permet aux communautés de se fixer sur une utilisation durable afin d’éviter la rareté, voire la disparition de la ressource.

« En fonction des potentiels que contient la forêt, la cartographie permet de spécifier l’usage de chaque zone délimitée. C’est ce qui permet la durabilité de l’utilisation des ressources de la forêt ».


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